TU ES DÉJÀ ENTIÈRE.
ET L’UNIVERS SE DÉPLOIE EN TOI PARCE QUE DEPUIS L’ORIGINE, TU EN ES LA MÉMOIRE VIVANTE
LE CORPS COMME COSMOS. LA FEMME COMME SOURCE.
Ce n'est pas une image. C'est ce que démontre la physique des étoiles. La presque totalité de ta masse vient d'elles.
Et ce corps stellaire est presque entièrement aqueux. Une eau organisée en cristal liquide dans la trame du fascia, qui se rigidifie sous la contrainte et se fluidifie sous la chaleur, le mouvement, la présence. Un cosmos intérieur, fluide comme l'espace avant les mondes, comme le ventre qui porte.
Il y a dans ton corps une géographie que la science a longtemps refusé de nommer à sa juste échelle.
Ce qu'on a appelé instabilité était cyclicité. Ce qu'on a nommé douleur était langage. Ce qu'on a pathologisé était intelligence tissulaire.
Ton cycle est un cycle de mort et de renaissance, la même loi qui gouverne les saisons, les marées, le repos de la terre sous la neige. Et tes ovaires portent depuis ta naissance toutes les cellules souveraines que tu porteras jamais, chacune une intelligence en attente, chacune contenant déjà tout ce qu'il faut.
Ce n'est pas de la biologie ordinaire.
C'est une cosmogonie incarnée.
Trop changeant, trop cyclique, trop proche du vivant pour tenir dans les cases qu'on lui assignait, le corps des femmes a été corrigé, régulé, coupé de sa propre intelligence.
Revenir à ce corps est l'acte le plus intime et le plus politique qu'une femme puisse accomplir.
SOMASOFIA est née de cette conviction.
Que ton corps est un cosmos à habiter, avec ses lois, ses saisons, son mystère.
Revenir à lui, c'est d'abord ralentir assez pour l'entendre. Poser les mains. Laisser le tissu se dire au lieu de le corriger, sentir une zone dense se fluidifier et rendre ce qu'elle tenait depuis longtemps.
Le mouvement vivant n'exécute pas une forme. Il crée, à chaque instant, depuis cette intelligence qui n'a jamais cessé d'être active même quand tout fut fait pour qu'elle se taise. Je ne réduis pas mon enseignement à une méthode. J’enseigne une façon d’habiter ton corps comme un cosmos. Rien de séparé. Tout relié, de la cellule qui crée sa propre matrice à la galaxie qui se déploie en spirale, du fascia jusqu'au ciel.
Tu portes en toi des milliards d'années de mémoire vivante. Non comme un héritage lointain, mais comme une réalité qui pulse dans chaque cellule, maintenant.
Au commencement, une cellule unique, sphérique, silencieuse, qui contient déjà tout ce qu'il faut pour devenir.
Les philosophes l'ont appelée monade, l'unité première qui se déploie depuis sa seule profondeur, selon sa seule loi.
La biologie l'appelle ovule, la plus grande cellule du corps humain, immobile non par passivité mais par souveraineté.
Cette cellule, c'était toi.
Et avant même qu'elle se divise, il y avait une pulsation.
Le premier langage du vivant n'est pas la forme, c'est le rythme. Ce battement qui traverse les étoiles et les marées, les tissus et les cellules, sans cerveau encore, sans système nerveux, une sagesse antérieure à toute pensée.
Tu portes encore cette intelligence.
Et tu portes aussi ce mystère, intact.
Ton corps s'est formé dans l'eau.
Le liquide amniotique fut ton premier univers, fluide, chaud, sans horizon.
Et dans cet océan, les premières cellules n'ont pas cherché un abri. Elles ont créé le leur. Le fascia est leur œuvre, une architecture vivante qu'elles sécrètent et remodèlent à chaque instant.
La monade encore, à l'échelle cellulaire.
On ne naît pas dans un milieu, on le génère.
Ce tissu s'est déployé en spirale dès les premières heures. La même spirale que la double hélice de l'ADN, que les galaxies en rotation, que l'eau qui descend et la coquille du nautile. Ton corps ne découvre pas la spirale. Il en est une expression depuis sa première heure.
Et ce fascia a tout gardé. Chaque mouvement, chaque émotion, chaque traversée, non comme une archive froide, mais comme un tissu vivant qui peut, sous la justesse d'une présence, se dire autrement et se refaire.
Tes atomes viennent des étoiles.
L'hydrogène de ton eau a l'âge du premier matin du monde. Le carbone de ton collagène, le calcium de tes os, le phosphore de ton ADN, tous forgés au cœur de soleils morts, dispersés par des supernovae, rassemblés en une poussière devenue la terre, l'eau, toi.